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Chef d'oeuvre commenté : La tentation du sublime

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Histoire : Satan exhortant ses légions-Thomas Lawrence

Thomas Lawrence (1769-1830)

Satan exhortant ses légions

Pierre noire et rehauts de blanc, sur papier chamois, 127 x 71 cm (deux feuilles réunies vers le milieu).

Coll. musée du Louvre, Paris.

Localisation : Musée du Louvre

Photographe : Martine Beck-Coppola

Copyright photo : © 2007 Musée du Louvre / Martine Beck-Coppola

 

 

Si ce n’est Satan lui-même, l’esthétique du sublime tenta le portraitiste absolu que fut Thomas Lawrence. Au sein d’une production abondante, Satan exhortant ses légions fut un des seuls essais de l’artiste, et le plus marquant, dans le domaine de la peinture d’histoire. Il existe au moins huit études préparatoires, dont celle-ci est la plus achevée, pour la grande toile conservée à la Royal Academy de Londres. Tant le sujet que le format ambitieux – 4,32 par 2,74 m – de la toile exposée à la Royal Academy en 1797 devaient en faire une œuvre remarquée, de rébellion, voire de conquête. L’épisode est tiré du Paradis perdu de John Milton (1667), dont le livre I débute en enfer où Satan, qui y a été précipité neuf jours plus tôt, se ressaisit et réveille Belzébuth. Depuis le bord d’un lac de lave enflammée, il se dresse, son fidèle compagnon à ses côtés, et rappelle en les menaçant ses légions de démons.

Retrouvant, pour célébrer cet antihéros, les accents d’un Michel-Ange à la chapelle Sixtine, Lawrence campe les deux figures comme vues du dessous. Par un surcroît de théâtralité, l’éclairage rougeoyant venant du bas dessine avec netteté leur forte musculature dans la nuit obscure qui les environne. Le tableau fut assez mal accueilli et c’est finalement comme portraitiste que le peintre réussit, non sans regret, à se faire reconnaître comme le maître britannique le plus recherché de son temps et peut-être le premier à avoir conquis une véritable gloire européenne.

 

Par Christophe Leribault

Source : Le Louvre

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